• Gandhi International est une association française qui promeut la non-violence, et particulièrement la pensée et la stratégie de Gandhi comme une des réponses principales face aux défis du 3ème millénaire.

    En savoir plus...

Soutenez # JANANDOLAN 2018

Suite aux grandes marches non violentes de 2007 et 2012, et moins d’un an avant les prochaines élections fédérales, Ekta Parishad veut rappeler au Gouvernement de l’Inde les promesses faites en faveur des sans terre. Depuis plusieurs mois, le mouvement se prépare pour une grande action – JAN ANDOLAN (l’Action du peuple) – qui culminera en octobre 2018.

- des formations ont été organisées dans une vingtaine d’Etats à travers toute l’Inde pour former au leadership plus de 20.000 jeunes issus des communautés locales;

- des alliances ont été construites dans plus de 200 districts avec d’autres organisations de la société civile;

- une caravane a traversé plus de 100 districts afin de rassembler et de souligner les préoccupations des gens à la base;

- et simultanément le dialogue a été maintenu avec les autorités de l’Etat pour lui exprimer les attentes des populations marginalisées.

 

JAN ANDOLAN 2018, ce sera :

 

- ce 2 octobre 2018, à Palwal (80 km à l’est de Delhi), aura lieu un “Parlement des peuples”

- le 3 octobre débutera la marche vers Delhi (25.000 paysans sans terre et militants), avec l’arrivée à Delhi le 5 octobre

- des actions parallèles, en soutien à Jan Andolan, auront lieu dans plus de 200 districts

- un vaste “sit-in” (non violent) sera organisé à Delhi jusqu’à ce que les Autorités répondent aux demandes des manifestants.

 

 

Pour soutenir cette action internationalement, Ekta Parishad a lancé une pétition adressée au Président de l’Inde.

 

SIGNEZ LA PÉTITION ICI

 

La pétition étant en anglais, en voici la traduction.
_______________________________________

Monsieur le Président de l'Inde,

 

Objet: Invitation au Gouvernement indien à respecter ses promesses de distribution de terres aux paysans sans terre.

 

Jai Jagat!

 

69% de la population indienne réside dans des villages et dépend largement de la terre et des autres ressources naturelles pour sa survie. Mais la majorité d’entre eux n’ont pas accès à la terre et / ou n’ont pas de droits légaux sur la terre. Voici quelques statistiques clés pour mettre les choses en perspective.

 

  • Environ 7% de la population détient 47% des terres, tandis que 93% de la population n’a accès qu’à 53% des terres.
  • 56% des familles rurales (101,4 millions de familles) ne possèdent aucune terre et environ la moitié d'entre elles sont des paysans sans terre qui vivent dans la pauvreté extrême et le dénuement.
  • 8 millions de familles rurales sont complètement sans terre, elles ne disposent même pas d'un endroit pour mettre une habitation. Un autre groupe estimé à 60 millions de familles exploite un lopin de terre mais ne possède aucun droit de propriété.
  • Environ 1 million de citadins relèvent de la définition des sans-abri. Malgré l'existence d'une législation sur la réforme agraire, la plupart des États n'ont pas réussi à redistribuer les terres aux pauvres sans terre.

Défis rencontrés par les sans-terre et les sans-abri, à la campagne comme dans les villes :

  • L’Inde compte le plus grand nombre de personnes au monde (plus de 70 millions) déplacées de force sous prétexte de projets de "développement" depuis l’indépendance.
  • Les Hors-Castes (Dalits), en particulier les femmes, font continuellement face à la discrimination et à la violence en essayant d'accéder à la terre.
  • Un large pourcentage de propriétaires de petites exploitations agricoles ne disposent d'aucun titre de propriété sur la terre et ne peuvent donc bénéficier des services gouvernementaux.
  • De nombreux fonctionnaires connaissent mal la législation foncière et les registres cadastraux et ne sont donc pas en mesure de mettre en œuvre de manière adéquate et d'appliquer des lois et des politiques foncières favorables aux pauvres.
  • Les conflits fonciers sont fréquents et les procédures judiciaires s'éternisent. Même si elles possèdent une terre, ces personnes ne peuvent pas l'exploiter librement.
  • Les lois foncières dans la plupart des États sont nombreuses et déroutantes et ne peuvent donc pas être suivies correctement.
  • Les frais d’enregistrement et de timbre pour les transactions foncières et pour l’ajout du nom de femmes sur les titres de propriété sont élevés. Cela empêche de nombreuses personnes d’enregistrer leur terre à leur nom, y compris pour les femmes.
  • La loi sur les droits forestiers (2006) devait remédier à l’injustice historique infligée aux Adivasis et aux autres habitants des forêts. Mais moins de 40% des demandes de droits forestiers (individuels et communautaires) déposés à travers le pays ont été acceptées.

Ekta Parishad, un mouvement populaire, s’emploie continuellement à la réforme agraire en Inde depuis 30 ans. Au cours de Janadesh 2007 (quand 25.000 personnes ont marché de Gwalior à Delhi) et Jan Satyagraha 2012 (quand 100.000 personnes ont marché de Gwalior à Delhi), certaines des préoccupations majeures ont été négociées avec le Gouvernement central à Agra le 11 octobre 2012. Cependant, les impacts de ces campagnes et des négociations qui ont suivi n'ont pas amené le changement souhaité pour les communautés marginalisées.

 

Pour poursuivre cet ordre du jour inachevé, Ekta Parishad entreprend une autre action de masse nommée JAN ANDOLAN (Action du peuple) le 2 octobre 2018. 25.000 Adivasis (tribus) et Dalits marcheront de Gwalior à Delhi avec les demandes suivantes.

 

1. Présenter et appliquer la loi nationale sur la propriété familiale

Un projet de loi sur la propriété familiale a été élaboré par le Gouvernement indien à l'issue de l'accord d'Agra de 2012 et il doit être présenté au Parlement. Ce projet de loi garantit à un sans-abri (en région rurale) de pouvoir disposer d'un peu plus de 4 ares de terrain, ce qui constitue le strict minimum en milieu rural pour une maison, un potager et l’entretien du bétail.

 

2. Présenter et appliquer la Politique nationale de réforme agraire

Un projet de politique nationale de réforme agraire a été élaboré par le Gouvernement indien à l'issue de l'accord d'Agra de 2012 et il doit être approuvé par le cabinet. La politique de réforme agraire apporte des suggestions concrètes sur la question de la répartition des terres.

 

3. Présenter et appliquer la Loi sur les droits des agricultrices

La loi sur les droits des agricultrices est un projet de loi d'initiative parlementaire présenté par Shri. MS Swaminathan qui vise à reconnaître aux femmes le statut d'agricultrices et comprend plusieurs dispositions progressistes pour les «besoins spécifiques des femmes agricultrices, protège leurs droits sur les terres agricoles et les ressources en eau, et leur donne accès au crédit et à d'autres facilités."

 

4. Proposer et mettre en place des Tribunaux pour les droits fonciers et des procédures accélérées pour le règlement des litiges / affaires foncières.

 

5. Mettre en place de nouvelles structures «d'exécution et de suivi» de la loi de 1996 sur le panchayat (qui prévoit d'étendre aux zones tribales l'élection d'un conseil communal) et de la loi de 2006 sur les droits forestiers.

 

6. Mise en place et opérationnalisation du Conseil national de la réforme agraire et du Groupe de travail national sur la réforme agraire

 

Le Conseil et le Groupe de travail ont été formés par le Gouvernement indien en 2007, à la suite de Janadesh. Le Conseil est présidé par le Premier Ministre et le Groupe de travail est présidé par le Ministre du développement rural. Ekta Parishad est membre de ces deux instances.

 

Nous pensons que l’accès à la terre et à un logement est un droit humain fondamental, en particulier pour ceux dont la vie et les moyens de subsistance sont intimement liés à leurs terres depuis des milliers d’années. Nous exprimons notre profonde solidarité avec nos frères et sœurs rendus sans terre et sans abri par notre négligence collective. Nous appelons le Gouvernement à tenir la promesse qui leur a été faite à Agra en 2012 et à mettre en œuvre le programme en six points des Andolan.

 

Nous vous remercions.

 

des Citoyens du monde concernés